La métaphore et la compréhension


La Métaphore (Part #2)


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Comment comprendre et expliquer les enjeux du développement durable? A part le monde littéraire, qui a tendance à en faire un monopole, l'emploi d'une métaphore est souvent considéré avec dédain par le monde académique, par les administrateurs de programmes, et par les documentalistes -- même quand leurs besoins de communication les obligent à en faire usage. Le recours aux métaphores est considéré comme signe de mollesse intellectuelle, comme manque de rigueur, et même comme indication d'une incompétence de base. Cependant cette perception est mise en question de plus en plus par ceux qui explorent le rôle cognitif de la métaphore, c'est-à-dire la manière fondamentale par laquelle une métaphore peut habiliter et conditionner la plupart des processus de la pensée (Lakoff, 1987). L'importance immédiate se voit dans les métaphores fondamentales qui gouvernent des styles d'organisation (Morgan, 1986) et de gestion différentes (Belbin, 1981; Handy, 1979).

Par cette perspective, une métaphore peut fournir un cadre flexible dans lequel des catégories émergent et sont organisées. Ceci a toujours été relativement évident pour ceux qui s'engagent dans une activité créative, que ce soient des peintres, des créateurs de "concepts" publicitaires, des éducateurs, ou des spécialistes en physique nucléaire (Locquin, 1989; Marcus, 1990). Comme le constate la géographe Anne Buttimer (1982): "Une métaphore, selon certains, peut toucher un niveau de compréhension plus profond qu'un 'paradigme', car elle indique un processus d'apprentissage et de découverte -- ces sauts par analogie de l'habituel vers l'inhabituel qui rallient l'imagination et l'émotion aussi bien que l'intellect."